Derrière la plus-value, par Dalila Arpin

Dalila Arpin est psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, AE (2016-2019)

Le dernier film de Denys Arcand, « La Chute de l’empire américain », ironise sur la place de l’argent dans notre société et sur les rouages de l’argent sale et les façons de contourner le contrôle fiscal. 

Un Docteur en Philosophie, fauché, se retrouve face à un choix kantien : le butin d’un hold-up échoue devant ses yeux, sans autre témoin que sa conscience. Que faire ? Ne pas le prendre prolongerait ses ennuis financiers et le prendre est contraire à ses principes… Malgré ses hésitations, il le prend. Il s’aperçoit alors que, s’agissant d’argent sale, il ne pourra pas s’en servir. Se dévoile que, comme le pointe Jacques Lacan, derrière la plus-value, il y a le plus-de-jouir, la satisfaction dans les limites du principe du plaisir. Le dénouement de l’histoire fera saisir, pour plus d’un personnage, que le plus important n’est pas de jouir sans entraves, mais de faire un bon usage de ce que l’on a.